Les premiers rires Offenbachien
par Laura Jarry
Vendredi 12 Août 2011
Les premiers rires Offenbachien de l'Opéra de Barie.

Article original paru sur aqui.fr

Ce mardi 9 août, l'Opéra de Barie ouvrait ses portes au grand public pour une première soirée aux allures rocambolesques. En effet, si elle propose deux saynètes puis deux opérettes du maître en la matière, Jacques Offenbach, elles n'ont pas été les seules à  dicter les aventures de cette veillée nocturne et les rires du public. Le hasard et le temps ont également eu leur mot à  dire et, alors que les chanteurs donnaient de toutes leurs voix et de leurs talents sur scène, les éléments se jouaient de cette première représentation pour tester les improvisations et attentes du public. Jusqu'au 14 août, dès dix-neuf heures, l'Opéra de Barie continuera d'enchanter le public, et il est fort à  parier que ces soirs-là , la seule distraction qui comptera sera celle d'Offenbach et de ses pairs.

De délicieuses mises en bouche.

Alors que le Bel Canto des chanteurs du soir assure l'attente entre les saynètes, les premiers spectateurs se laissent aller à  manger quelques sandwichs ou frites, ou boire du vin. Sous le frais des arbres, les habitués se félicitent de pouvoir assister à  l'Opéra de Barie en plein air, la pluie ayant choisie de s'éclipser pour quelques jours. Quand les premières voix se font entendre, elles résonnent dans la campagne de Barie, réveillant les chauves-souris.

Une opérette de salon de Charles Lecocq inaugure cette soirée et cette édition de l'Opéra de Barie. Robin, jeune avocat désargenté, se retrouve dans une mauvaise posture, ayant donné sa parole à  Madame Tourville qu'il la défendrait et sa femme Fanny promis la même chose à  son mari. Heureusement pour lui, ces deux-là  se réconcilieront en se donnant "Le Baiser à  la porte" de leur avocat commun. Alors que les couples du public se rapprochent, les premiers rires fusent avec la seconde saynète o๠"Les deux choristes" échangent sur leur culture d'opérette approximative. Ils arrivent séparément, se disputent sur des tyroliennes et finissent par repartir ensemble.
Offenbach perturbé.

La représentation de la première œuvre d'Offenbach de cette soirée, "Le financier et le savetier", apparaît de suite très moderne. Entre des murs ornés de tableaux dignes de Picasso, le financier fume le cigare, boit du champagne et lit un magazine de Wolkswagen, alors que le savetier est devenu un skateur qui porte la casquette à  l'envers, chante tout le temps et parle verlan. La jeune Aubépine, fille du financier Bélazor, est une écolière parfaite qui récite la fable de La Fontaine sur "Le savetier et le financier" et donnera des idées à  son père pour se débarrasser du savetier Larfaillou. Et la morale "Ceci vous démontre qu'il faut se contenter de peu", sous les notes d'Offenbach, se transforme en "Ceci vous démontre qu'il faut se méfier des jeux".


L'entracte commence et déjà , les spectateurs s'enroulent dans des polaires et s'abreuvent de café pour lutter contre la rosée. "Croquefer" commence et ils comprennent tout de suite que ce Moyen-à‚ge sera burlesque et décousu, avec ce chevalier couard secondé par l'écuyer Boutefeu aux idées plus ou moins subtiles. Il prend en otage Fleur de Souffre, la fille de son ennemi Mousse à  Mort, celui qui n'a qu'une jambe, qu'un bras, qu'un œil et plus du tout de langue. Et alors qu'ils racontent à  Ramasse ta Tête, le neveu du châtelain, que "tout va mal", le décor s'effondre en partie ; logique après tout puisque le château de Croquefer tombe en ruine. Et quand ils s'exclament "O ciel", les fusibles de l'église choisissent de lâcher et plonge la scène dans le noir. Des accidents qui délient les rires et qui font s'exclamer à  nouveau à  l'Invité du financier, extirpé de son opérette pour un salut final, "C'est épatant !".

Laura Jarry.
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